Ombres blanches

  

1

  

C’est
toujours le
silence qui
frappe le
premier

tes deux trois
bruissements
donnent à ta
langue des
mots

venteux

il vaut mieux
alors
que tu
t’oublies en
l’Autre

qui n’est
pas

qui n’est
qu’ombre

pour
tenter
d’abolir la
frontière de

soi

la parole
ne vaut que
le temps de
son souffle

  

2

liseré de
soleil

froid

sur les
feuilles
empourprées de
l’érable
esseulé au
fond des

yeux

il tend vers
le jour ses
doigts
palmés de
vie sans
attendre la
promesse des
nuits

tu te
berces de
ses ombres

  

3

  

sur le
drapé
d’ardoise du
sol la
silhouette de
tes ans

leur sens
sans voix

cette vérité
idiote

tes pas
déchirent ton
corps
d’ombre

tu te
tues en
vivant !

une brise
rend flou
l’énoncé du
vide

tout reste à
écrire de ce
que tu gommes

immédiatement

sans rature
aucune

pas plus de
brouillon.

  

         Vincent Motard-Avargues, le sac du semeur 2017.

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