Touchdowns, Escales

  

Touchdowns

Where, an echo answers,
and, when, did you come from,
I know not
white as driven snow
it stays for ever
my soul is
O so
very white, nor
Wind’s soft song
we were very very with
Speed be
framed to make no
history

Look in their glass
Laugh when they can
men of sense
must weep, look
for the dewdrop nobly
planned, perfect,
no man is a match for
sky changes
instead of
(nor words, nor worth)
brevity of soul

Wisest fools in Christendom
man can answer more than, men not –
War lives in a state of is not
rumours bring scars, of old –
ambitions made virtue
waste and wither there

Change and decay in all around
As others do I cannot,
their climate, not their soul,
I fear with them
we shall all be,
Charon seeing may forget
conscience and grace
still and quiet

Over my open left an aching void
Vows made in storms
to the blackest devil
to win this game
there needs a long
silence and slow return
and travels in divers paces
whereof the memory
will come (welcome) will away
to times that are in hand

Footprints
on the sand
and the hour
and the place, never
bounds of place and,
Circumstance
bank and shoal of
but for all
time
is fleeting, is flying,
is money
is last syllable of recorded

Tip-toe
Time will run
back and write no wrinkles
Float double and
swap horses when crossing
the swell on the waters
and the soul of the one chord
is but art, subdued

Lies and lies, and lies,
the blackest of –
lifts the head and,
you will be told no more
awake in the dark
in cold obstruction,
on it, there you must
lay your head and,
together,
love that may

My chosen music, liberty
God-given, and poets
have, leave to
not impose, might stop,
on others
Hope’s true gage,
your wagon to a star
is but the dream,
frustrate not
sure and certain
dream and untroubled
elevate your crest
for years to come
kiss and be-make long
like fiddle-strings,
the thieves of time,
friendship green,
in constant repair
faithful are their wounds
and angels forget-me-nots

I sing of brooks too broad for leaping
Where deep a hidden mill is
turning
I grew like
so many near the throne
of silver gold and
sudden sweeping
never of comet’s hair, but brush
tarred with same
that hung in well for safer
keeping
O, summer’s bursting
Take the bit and sing the truce
Since Chaucer was alive

Bubble-man
is mostly froth and
winking
beading
like brute or angel
builded better than he knew

Of a feather, calm
sit brooding in the air
sang sweet, sing, and no,
sing madrigals
so happy as we, no
that sing and won’t sing
to sing, suffers little,
very unlikely

Born, out of due time,
as said Beckett,
natural to die as to be,
never was, on the wrong side
I wept when I was
when wit was scant
better never been
for you alone was
yesterday, not

Buck in spring bugles bring
my child, that knows his own
the Heaven-born
says nothing,
picks up words that
should be seen, not heard,
sprightly, forwards,
sweet,
that knows his own

Consideration,
like an angel, came
consolation, that’s one
constancy, dearest her
Enough is they had
never to submit
even when they kissed
Creator, remember now,
creation up and down
creatures drink good,
Nor any other
come day, go —

  

Escales

Où, répond un écho,
et, quand, es-tu venu, d’où,
Sais pas
Blanc comme la neige poussée
là à jamais
mon âme est
O si
si blanche, ni
Chanson douce du vent
nous étions très très avec
Que la vitesse baisse
qu’elle ne fasse pas l’histoire

Regarde dans leur miroir
Rire s’ils peuvent
les hommes sensés
doivent pleurer, cherche
la goutte de rosée, majestueusement
créée, parfaite,
aucun homme ne fait le poids devant
les changements du ciel
au lieu de
(pas de paroles, pas de valeur)
brièveté de l’âme

Les plus sages fous de la Chrétienté
un homme peut admettre plus que,
les hommes non –
La guerre s’accommode au néant
les rumeurs déclenchent des blessures, du passé –
les ambitions deviennent vertus
dépérissent et s’évanouissent

Désastres partout
Comme font les autres, moi non,
leur climat, pas leur âme,
Je tremble avec eux
nous serons tous,
Charon d’un regard peut oublier
conscience et grâce
paix et calme

Là au grand jour, un trop grand vide
Des vœux faits par une nuit d’orage
au diable le plus noir
pour gagner à ce jeu
il faut long
silence et lent retour
et voyages de rythmes différents
alors le souvenir
viendra (bienvenue !)
s’éloignera
jusqu’au temps présent

Pas sur le sable
et l’heure
et le lieu, jamais
des bornes du lieu et,
Circonstance
bas-fond et berge
mais pour tout
le temps
fuit, s’envole,
est de l’argent
est la dernière syllabe du temps

Sur la pointe des pieds
Le temps reviendra
en arrière et n’écrira pas de rides
Flotter à deux,
changer de cheval pour
traverser la houle des eaux
et l’âme d’un accord
seule est art, adouci

Mensonges et mensonges, et mensonges
le plus noir de –
lève la tête et,
on ne vous en dira pas plus
éveillé dans le noir, froid
des bâtons dans les roues,
là-dessus, il vous faudra
poser la tête et,
ensemble
quoiqu’il en soit, aimer

Ma musique élue, liberté
reçue de Dieu, et les poètes
peuvent choisir
de ne pas imposer, peuvent s’arrêter,
aux autres
le véritable gage de l’espoir,
ton chariot attelé à une étoile
n’est qu’un rêve,
ne pas contrecarrer
sûr et certain
rêve et sereinement
franchis la crête
pour les années à venir
sois d’accord, fais la paix
comme les cordes d’un violon,
voleuses du temps,
amitié verte,
en réparation permanente
fidèles sont leurs blessures
et les myosotis des anges

Je chante des ruisseaux trop larges à
sauter
où dans les profondeurs un moulin caché
est à tourner
comme beaucoup,
j’ai grandi près du trône
d’argent et d’or et
soudain emportée
jamais de la chevelure de la comète, mais
brossée de la même brosse
qui pendait dans le puits sous bonne garde
O, voir l’été s’éclater
Prends le mors et chante la trève
car Chaucer a vécu

Homme-bulle
en gros fait de mousse et
clignant de l’œil
brodant
tel une bête ou un ange
Bâtit mieux qu’il ne croyait

D’une plume, calme
assis ruminant dans les airs
chantait doucement, chant, et non,
chante des madrigaux
aussi heureux que nous, non
qui chantons et qui ne voulons pas chanter
chanter, souffrons peu,
improbablement

Né, au mauvais moment,
Ainsi disait Beckett,
naturel de mourir comme d’être,
jamais n’était, du mauvais côté
Je pleurais quand j’étais
quand l’esprit était menu
mieux n’avoir jamais été
pour vous seul était
hier, ne pas

Cerf au printemps le clairon ramène
mon enfant, qui connaît les siens
celui né du Ciel
ne dit rien,
apprend des mots que l’on
devrait voir, plutôt qu’entendre,
enjoué, intrépide,
adorable,
qui connaît les siens

Considération,
comme un ange, est venu
consolation, c’est une
constante, elle si chère
Suffit de savoir qu’ils n’ont
jamais eu à se soumettre
même au moment de leur baiser
créateur, reconnais maintenant
la création de dessus-dessous
des créatures boivent bien,
Aucun autre non plus
viens le jour, et pars …

  

Margaret Tunstill, le sac du semeur 2017.

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